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La biodiversité invisible porte chez moi un nom : la genette. Réputée farouche car essentiellement nocturne, je ne l’ai jamais observée en trente ans de promenades naturalistes bien qu’elle soit relativement commune dans les bois des environs.

Une rencontre au Zoodyssée

Une visite au Zoodyssée de Chizé avec mes petits enfants vient de me donner l’occasion de la voir de près et longtemps pour la première fois de ma vie. Ce parc zoologique est consacré à la faune européenne et lors de notre passage devant son enclos, une genette avait eu la délicatesse de s’endormir en haut d’un tronc mort en laissant dépasser sa tête. S’il n’y avait pas ce museau allongé comme celui d’un chien et ces oreilles arrondies, elle passerait facilement pour un gros matou faisant la sieste.

La sieste de la genette

La genette est une cousine de la mangouste. Cette africaine d’origine semble être arrivée en France au Moyen-âge depuis l’Espagne, où les sarrasins l’auraient introduite. Cet animal discret, de mœurs crépusculaires et nocturnes, passe facilement inaperçu si on ne le recherche pas activement. Comment la reconnaître ? Son pelage gris clair est orné d’une raie noire sur le dos et de quatre ou cinq rangées de taches noires sur les flancs. Sa longue queue touffue et cylindrique est barrée de huit à douze anneaux noirs. Une tache noire entoure son museau pointu.

Victime de la route

La genette habite les zones boisées et les forêts peuplées de feuillus ou mixtes. Elle affectionne les endroits rocailleux et les bords des cours d’eau. Elle fuit la proximité de l’homme et vit souvent loin des habitations. Son domaine vital s’étendant sur plusieurs kilomètres carrés et ses mœurs étant solitaires, la probabilité de la croiser par hasard est extrêmement faible. La nuit, elle passe beaucoup de temps à se déplacer dans les arbres, bien qu’elle capture la plupart de ses proies au sol. Le jour, elle se repose dans les arbres. Les arbres têtards au tronc souvent creusé de vastes cavités sont un site de repos très apprécié.

La genette apprécie la limitation de vitesse à 80 km/h !

Sa discrétion la rend difficilement détectable en observation directe. Je ne l’ai entrevue qu’une seule fois en trente ans, dans la lueur des phares de la voiture le soir du 14 juillet 1997. L’observation a été si marquante pour moi que j’ai mémorisé la date précise. La vision a été si fugace que je n’ai reconnu l’animal qu’à sa queue en train de disparaître. Ce comportement de traverser juste devant les voitures est cause d’accidents mortels. De temps en temps, je croise sur ma route une genette écrasée.

WC collectifs

La Genette laisse quelques traces mais toutes ne peuvent pas servir à une identification certaine. Ses empreintes sont difficiles à distinguer de celles du chat et ses traces de griffes de celles de l’écureuil. Ces empreintes laissées au sol sont de toute façon rares et souvent peu lisibles. Heureusement, elle sème des crottes caractéristiques. Très longues, jusqu’à 25 cm de longueur et 2 cm de diamètre, elles sont noires quand elles sont fraîches puis blanchissent avec le temps.

La longueur des crottes de la genette est typique.

La genette les dépose sur des sites particuliers, les crottiers, fréquentés régulièrement, parfois par plusieurs individus. Des dizaines voire des centaines de crottes s’accumulent sur une petite surface. Ces crottiers se trouvent le plus souvent sur des endroits en hauteur ou des accidents du paysage, comme les tas de bois, les toits de cabane, les épaves de voitures, les ponts, les rochers, etc., en général en lisière de bois ou dans une haie.

Crottier de genette sur un tronc déraciné de châtaignier.

Certains d’entre eux attirent chaque nuit l’occupant du territoire, mais aussi d’autres genettes des territoires voisins. Ces WC communs servent aussi bien de marquage territorial que de lieu d’échange d’informations olfactives entre voisins dont les territoires peuvent se chevaucher.

 

Carte d’identité : Genette commune (Genetta genetta), Carnivore Viverridé

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