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L’autre jour, une amie m’a signalé l’existence d’une colonie d’abeilles mellifères logées dans un mur avec les rayons visibles. Une telle opportunité de faire de belles photos n’est pas si fréquente. Je m’y suis rendu aussitôt.

Une protection renforcée

La colonie loge dans le mur nord d’une vieille bâtisse en moellons, à six mètres de hauteur environ. Une pierre s’est détachée, laissant dans le mur une ouverture de 17 cm de hauteur sur 14 cm de large donnant accès à une cavité de volume inconnu, mais jugé suffisant par l’essaim qui s’est installé début mai d’après le témoignage de la propriétaire des lieux.

La cavité bouchée photographiée du haut d’une échelle un peu courte.

Les nouvelles occupantes ont estimé qu’un trou de vol de cette dimension était du luxe, comparé à l’inconfort thermique qu’il procure. Elles l’ont donc bouché avec deux rayons de protection de laissant que de petites fentes de communication avec l’intérieur sur le côté Est, c’est à dire à l’opposé des vents dominants, et en bas.

Un sacré paquet de cire

Fait remarquable, ces rayons de protection sont constitués d’une lame de cire de près d’un centimètre d’épaisseur. Les cirières ont dû travailler plusieurs semaines pour arriver à un tel résultat : bâtir tous les rayons du nid nécessaires à l’élevage des larves et au stockage du miel, plus ces deux rayons-boucliers, assurance contre les mauvaises conditions météorologiques hivernales.

Zoom sur le bouclier de cire : la trame hexagonale d’un rayon classique est bien visible, mais les parois des alvéoles sont tout juste ébauchées.

La construction de rayons renforcés de ce genre n’est pas une nouveauté pour les abeilles mellifères. Elle est régulièrement signalée à l’occasion de la description de nids construits en plein air. Mais elle n’est pas habituelle. Ce n’est qu’un pis-aller, pour palier aux défauts d’un logement que les abeilles ont occupé faute d’avoir pu trouver un lieu plus confortable.

Une colonie normale

Mis à part cette caractéristique, la colonie est normale. Derrière les deux boucliers de cire, j’ai pu entrevoir un rayon classique aux alvéoles bien formés et profonds, avec des ouvrières s’affairant dessus. Impossible de voir le reste du nid, et de savoir combien de rayons il compte. La cavité semble modeste. Les abeilles ont-elles assez de place pour stocker tout le miel nécessaire à leur survie hivernale ? L’avenir le dira.

À gauche, la fente entre le mur et le bouclier de protection laisse entrevoir un rayon normal. À droite, le trou de vol au bas des rayons. Ce sont des abeilles à dominance noire avec des signes d’hybridation avec les italiennes.

Le trou de vol se situe au bas à droite des rayons. Les butineuses entrent et sortent sans discontinuer, rapportant nectar et pollen prélevés sur les nombreux lierres qui fleurissent sur les arbres et les murs des alentours. Quelques gardiennes suffisent à surveiller le trafic. Il n’y a aucun signe de stress dû aux attaques des frelons asiatiques. D’ailleurs je n’en ai vu aucun durant la demi-heure qu’ont duré mes observations. Ils devraient pourtant être nombreux à ce moment de l’année.

 

Carte d’identité : Abeille mellifère (Apis mellifera) Apidé, Hyménoptère.

 

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