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Après le champ de blé en juillet, j’ai passé une heure dans un champ de tournesol en août. Semé tardivement, sa croissance a été fortement ralentie par la canicule de fin juin et de début juillet. Alors que les premiers tournesols ont fleuri dès la deuxième quinzaine de juin dans les environs, lui n’a fleuri que dans la première quinzaine d’août.

L’agriculteur a peut-être cru que la récolte était perdu, et n’a pas fait les frais d’un traitement herbicide : il était « sale », traduisez que de nombreuses plantes adventices poussaient au pied des tournesols.

Le champ de tournesol, et en gros plan les adventices qui l’envahissent.

Des fleurs attractives

Un rucher d’une quarantaine de ruches se trouvant dans le petit bois qui borde le champ, les abeilles mellifères butinaient par milliers, parfois jusqu’à 6 par fleur. La deuxième espèce la plus fréquente était le bourdon terrestre, dont j’ai croisé plusieurs dizaines d’individus.

De haut en bas et de gauche à droite : bourdon terrestre, abeille mellifère, bourdon des pierres, bourdon des champs, chrysope aux yeux d’or.

J’ai aussi remarqué quelques individus de deux autres espèces communes, le bourdon des pierres et le bourdon des champs. Plus inattendue, une chrysope aux yeux d’or a été surprise venant se nourrir sur une fleur, et quelques autres volaient dans la végétation adventice. Par contre je n’ai vu aucune abeille solitaire.

Un feuillage vide

Durant cette heure d’observation, je n’ai vu aucun insecte se nourrissant sur le feuillage des tournesols. Ceux que j’ai pu prendre en photo s’y reposaient ou s’y déplaçaient. L’espèce la plus fréquente a été la coccinelle asiatique, une bonne dizaine d’individus croisés tout au long de la balade, dont deux en train de s’accoupler.

De gauche à droite et de haut en bas : coccinelles asiatiques s’accouplant, coccinelle à 7 points, criquet italien, punaise des céréales, punaise des boites aux lettres.

Les autres insectes n’ont été vus qu’à un seul exemplaire. Une coccinelle à 7 points marchait sur une tige, mais je n’ai vu aucun puceron sur les plantes que j’ai examinées. Un criquet italien s’est posé sur une feuille, avant de sauter quelques instants plus tard vers le sol. Deux punaises mangeuses de graines se trouvaient sur les feuilles, et non sur les fleurs où des graines commençaient pourtant à se former : une punaise des céréale et une punaise des boites aux lettres.

Des mauvaises herbes riches de vie

Plusieurs plantes sauvages étaient en fleurs au pied des tournesol : souci des champs, moutarde des champs, cirse des champs, et même un peu de bleuet des champs. Cette belle unanimité dans leurs noms communs prouve qu’elles sont bien à leur place, parfaitement adaptées aux sols labourés.

Les fleurs de cirse étaient de loin les plus attractives. Quelques individus de trois espèces de papillon les butinaient : belles dames, aux ailes usées et même déchirées signe d’un long chemin déjà parcouru, paons de jour aux couleurs au contraire très fraîches, et un tabac d’Espagne venu probablement du bois voisin. Voletant près du sol, se posant pour repartir ensuite, une piéride de la rave semblait chercher un endroit où déposer sa ponte.

De gauche à droite et de haut en bas : Belle dame, paon de jour, piéride de la rave, tabac d’Espagne.

Diverses mouches se pressaient sur les fleurs, dont deux seulement m’étaient connues : l’échinomyie sauvage, une tachinaire parasite de nombreuses chenilles, et la mouche à damier. La présence de cette dernière est plutôt un bon signe pour la santé du sol, puisque ses larves parasitent les vers de terre.

De gauche à droite et de haut en bas : Échinomyie sauvage, mouche à damier, abeille mellifère, bourdon des pierres.

Malgré l’énorme quantité de pollen produit par les fleurs de tournesol, abeilles et bourdons se contentaient de butiner le nectar. Par contre j’ai vu de nombreuses abeilles mellifères et quelques bourdons des pierres butiner les moutardes des champs pour le pollen. Une preuve que les « mauvaises herbes » ne sont mauvaises que pour l’homme, mais qu’elles sont bonnes pour la biodiversité.

 

Cartes d’identité : Abeille mellifère (Apis mellifera) Apidé, Hyménoptère ; Bourdon terrestre (Bombus terrestris) Apidé, Hyménoptère ; Bourdon des pierres (Bombus lapidarius) Apidé, Hyménoptère ; Bourdon des champs (Bombus pascuorum) Apidé, Hyménoptère ; Coccinelle asiatique (Harmonia axyridis) Coccinellidé, Coccinelle à 7 points (Coccinella septempunctata) Coccinellidé, Coléoptère ; Criquet italien (Calliptamus italicus) Acrididé, Orthoptère ; Punaise des céréales (Aelia acuminata) Pentatomidé, Hétéroptère ; Punaise des boites aux lettres (Melanocoryphus albomarginatus) Lygéidé, Hétéroptère ; Belle dame (Vanessa cardui) Nymphalidé, Lépidoptère ; Paon du jour (Inachis io) Nymphalidé, Lépidoptère ; Tabac d’Espagne (Argynnis paphia) Nymphalidé, Lépidoptère ; Piéride de la rave (Pieris rapae) Piéridé, Lépidoptère ; Echinomyie sauvage (Tachina fera) Tachinidé, Diptère ; Mouche à damier (Sarcophaga carnaria) Calliphoridé, Diptère.

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