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Parti prospecter les arbres têtards dans les marais du bord de Charente à Port d’Envaux à la recherche de colonies d’abeilles mellifères sauvages, je n’ai pas trouvé ces petites bêtes, mais j’ai pu en observer de bien plus grosses : des cigogne, noires et blanches à bec et pattes rouges.

Une cigogne s’envole à mon approche

Un oiseau rare devenu commun

Quand je me suis installé en Charente maritime en 1988, la population nicheuse de la cigogne blanche s’élevait à cinq couples pour tout le département. En 2014, le plus récent chiffre que j’ai pu trouver, 453 couples nicheurs ont été recensés ! Aller voir un nid de cigogne au début des années 1990, quand je travaillais à la Ligue de Protection des Oiseaux, était toute une expédition. Aujourd’hui, je les vois voler au-dessus de moi quand je me repose dans le jardin, sans avoir besoin de me lever de mon fauteuil.

Une cigogne se pose sur un nid bâti en haut d’un frêne vivant

Cette bonne santé de l’espèce est due à la conjonction de plusieurs facteurs, notamment l’expansion de la population espagnole à partir des années 1970, l’installation de plateforme de nidification par les associations ornithologiques, et plus récemment l’abondance dans les marais de l’écrevisse de Louisiane dont elle fait son ordinaire.

Nicher, une entreprise parfois dangereuse

La cigogne recherche pour nidifier un endroit en hauteur à la vue bien dégagée. D’où son intérêt en Alsace et dans l’est de l’Europe pour le toit des granges et autres bâtiments humains dans les villages. Lors de son installation en Charente maritime à partir de la fin des années 1970, elle s’est souvent installée au sommet d’ormes morts, décimés par l’épidémie de graphiose qui sévissait alors.

Gros nid de plusieurs années construit en haut d’un peuplier mort

Un nid de plusieurs années, entassement de branchages enchevêtrés, pouvant peser jusqu’à 400 kilos, une tempête ou un gros orage pouvait faire tomber l’arbre. D’où l’initiative de diverses associations ornithologiques, la LPO et le Groupe Ornithologique Aunis Saintonge en Charente maritime, de construire des plateformes artificielles dans les marais pour leur assurer des sites de nidification d’une solidité à toute épreuve.

Des oiseaux qui n’en font qu’à leur tête

Si au début les plateformes ont eu beaucoup de succès, l’ouragan de 1999 qui a étêté de nombreux arbres a fourni de nouveaux sites de nidifications naturels aux cigognes. Les arbres morts restent attractifs, malgré leur dangerosité, mais de plus en plus de nids sont construit au sommet d’arbres vivants, notamment les frênes encore nombreux dans les marais. Aujourd’hui, beaucoup de plateformes restent vides.

Une plateforme vide au premier plan, et le nid dans le peuplier mort à l’arrière plan

Les nids se repèrent de loin par leur masse, surtout ceux construits sur les plateforme et les arbres morts. Cachés dans le feuillage des arbres vivants, ils peuvent passer inaperçus. Mais les cigognes ne sont pas des oiseaux discrets, par leur taille et par leur comportement. Elles communiquent entre elles en claquant du bec, et ce bruit de castagnettes qui ne peut être confondu avec aucun autre s’entend d’assez loin.

 

Carte d’identité : Cigogne blanche (Ciconia ciconia), Échassier, Oiseau

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