Étiquettes

, , ,

La science participative est dans l’air du temps. Les insectes sont un sujet de choix pour ces études où les naturalistes amateurs fournissent des données nombreuses que les scientifiques analysent ensuite. Fin juillet, j’ai apporté ma pierre à l’enquête participative sur les vers luisants mené par l’Observatoire des vers luisants et des lucioles. Toutes les bonnes volontés sont le bienvenu, n’hésitez pas à cliquer sur le lien si vous souhaitez rejoindre la communauté des observateurs/trices de vers luisants.

Un protocole très simple

Après mon inscription et quelques échanges de mails, j’ai défini via Internet un trajet de quelques centaines de mètres près de chez moi sur une photo satellite. Je ne l’ai pas choisi au hasard, mais j’ai sélectionné une portion de chemin en bordure de marais où au début des années 1990 les vers luisants se comptaient par centaines les nuits d’été.

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

Une longueur du chemin exploré

Ma mission était simple : faire ce trajet dans un sens, puis dans l’autre, toujours en progressant du côté gauche et sans m’écarter du bord du chemin. Je devais effectuer cette sortie un soir sans pluie. La précision du protocole était à la minute près : cette sortie devait avoir lieu entre le 25 et le 30 juillet à partir de 22h34. Mon père, conducteur de train à la SNCF à cheval sur les horaires, pour qui 22h34 n’était pas 22h33, aurait apprécié.

Une promenade bien agréable mais décevante

Comme il faut battre le fer quand il est encore chaud, je suis parti à la recherche des vers luisants dès le soir du 25 juillet. Une sortie à la fraîche par temps caniculaire est toujours agréable, et cette mission de science participative n’a pas été une corvée, bien au contraire.

Malheureusement les vers luisants n’étaient pas, n’étaient plus, au rendez-vous. Je n’ai vu briller dans la nuit qu’une seule petite lueur verte, là où il y a un quart de siècle les femelles accrochées en haut des épis de graminées dessinaient des guirlandes sur le bas-côté. Car les vers luisants n’ont jamais occupé qu’un seul côté du chemin, celui qui longe le talus du plateau et la bande boisée qui le borde. Très peu se trouvaient sur le côté donnant sur le marais.

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

La femelle photographiée sans flash

Des conditions peu favorables

Encore une fois, je ne peux que constater l’effondrement des populations d’une espèce d’insecte. Plus de 99% des individus ont disparu en un quart de siècle ! Il est vrai que les conditions n’étaient pas très favorables cette année : pas de pluie depuis début juin, donc pas d’escargots, les proies des vers luisants. Et la broyeuse était passée une quinzaine de jour auparavant, détruisant les longues tiges de graminées en haut desquelles les femelles vers luisants se postent pour émettre leur message lumineux à destination des mâles.

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

La femelle photographiée au flash

Malheureusement, ces conditions difficiles n’ont fait qu’accentuer un déclin déjà très important. En 2012 et 2013, année très arrosées, les petites lumières vertes n’étaient guère plus nombreuses le long du chemin. Dans mon propre jardin, où je fais tout pour les protéger, je n’ai vu ce même soir que 3 femelles sur 3.000 m2. Soit une densité très basse pour moi qui ai connu une époque où plusieurs femelles se pressaient sur un seul mètre carré !

 

Fiche d’identité : Ver luisant (Lampyris noctiluca), Coléoptère Lampyridé

Advertisements