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Les animaux sauvages s’habituent vite à la présence de l’homme quand celui-ci ne montre aucune agressivité envers eux. C’est ainsi qu’en plaçant un nichoir à mésange au-dessus d’une porte-fenêtre de la terrasse, je peux observer à loisir le développement des nichées en prenant mon petit-déjeuner ou en sirotant mon café.

La bonne hauteur

Si j’ai parfois observé des mésanges nichant presque au ras du sol, dans des parpaings creux par exemple, elles préfèrent nettement les trous d’arbre et autres cavités en hauteur. Aussi j’ai placé le nichoir à environ 3 m de hauteur, sur le mur sud-est de la maison. Les habitants, c’est à dire les humains et la chienne, déambulent souvent sur la terrasse. Mais la hauteur du nichoir est suffisante pour rassurer les oiseaux, et il est occupé régulièrement depuis plusieurs années.

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Le nichoir sur la terrasse

Ce nichoir, en terre cuite, est muni d’un trou de 28 mm de diamètre. Seules les mésanges bleues peuvent l’occuper. Elles l’utilisent en hiver comme refuge pour la nuit. Comme il est nettoyé chaque automne, le va-et-vient du couple apportant aux premiers beaux jours des brins de mousse ou des touffes de poils de la chienne signale son occupation.

Observations entomologiques dans un fauteuil

Quand le va-et-vient cesse, la ponte commence, suivie de la couvaison. Les mésanges bleues se font discrètes en cette période. Puis soudain les allées et venues deviennent incessantes, la femelle et le mâle se succédant à quelques minutes d’intervalle. Pas de doute, les oisillons sont nés.

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Un adulte rapportant une chenille à sa couvée.

Confortablement calé dans un fauteuil de jardin, muni d’une paire de jumelle permettant une mise au point à courte distance, je peux faire d’intéressantes observations sur la prédation des mésanges dans le jardin. Souvent il s’agit de chenilles : des vertes, des brunes, des beiges, des blanchâtres, rarement poilues. Parfois c’est une grosse mouche ou une araignée. De temps en temps une masse indistincte dépasse du bec. Quand l’oiseau revient d’un rosier, il s’agit d’une boulette de pucerons.

Cadences infernales

Du lever du jour au coucher du soleil, les parents n’arrêtent pas de gaver leur progéniture. Les oisillons grossissent rapidement. Discrets au début, ils prennent vite de la voix et manifestent de plus en plus bruyamment leur appétit et leur impatience à être servis. Vers le milieu de la seconde semaine qui suit l’éclosion, les plus hardis des oisillons, déjà emplumés, font leur apparition au trou du nichoir. Le plus culotté n’hésite pas à sortir l’avant du corps pour piailler à plein gosier.

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J’ai faim !

Stoïques, les parents ne cessent de déverser des proies dans ces estomacs sans fond. Ils évacuent les crottes, et l’intérieur du nichoir comme le mur de la maison et le sol de la terrasse restent propres. Ce sont des voisins bien plus supportables que les hirondelles, à l’hygiène presque inexistante.

Couper le cordon

Et puis arrive l’inévitable moment où les oisillons peuvent voler de leurs propres ailes. Ils quittent le nid, qui redevient silencieux jusqu’à l’éclosion de la seconde couvée, quand il y en a une. Mais les jeunes n’ont pas totalement coupé le cordon. Ils continuent à piailler pour signaler leur présence aux parents et recevoir leur ration quotidienne d’insectes et autres petites bêtes.

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Le premier vol n’a pas été bien long, l’oisillon s’est posé sur la table de la terrasse.

Les cris cessent, les oisillons sont devenus des oiseaux émancipés de leurs parents. Cette période peut s’avérer critique pour eux. Encore inexpérimentés, ils doivent faire face à de nombreux dangers : chats et autres prédateurs, circulation routière, pièges divers comme le bac d’eau de pluie où certains se noient parfois… C’est l’impitoyable sélection naturelle, seuls les mieux adaptés survivront et se reproduiront.

 

Fiche d’identité : Mésange bleue (Parus caeruleus), Passereau, Oiseau.

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