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A cette époque de l’année, les punaises arlequins pullulent sur les anthrisques sauvages, les berces et autres ombellifères des bords de chemin. Il m’est impossible de ne pas les voir lors de mes promenades car leurs couleurs rouge et noir, qui leur ont valu leur nom, tranchent sur le vert de la végétation.

Défense chimique

Vous pouvez vous approcher à les toucher pour mieux les observer, ces punaises débonnaires ne bronchent pas. Elles n’esquissent pas le moindre mouvement de fuite. Elles n’émettent pas de mauvaises odeurs pour se défendre, comme le font les punaises vertes. Tout au plus, si vous les ennuyez vraiment trop, quelques individus se laissent tomber au sol. Pourquoi une telle passivité ?

Punaise arlequin accouplement VA

Punaises arlequins sur une tige de berce

Comme le hérisson fait confiance à ses piquants pour le protéger et ne cherche pas à fuir le danger, la punaise arlequin fait confiance à son mauvais goût et à ses couleurs d’avertissement pour repousser les éventuels prédateurs. Rouge et noir, jaune et noir, c’est un code répandu dans tout le règne animal pour prévenir qu’une espèce est toxique, ou armée pour piquer. Chez les insectes par exemple, la plupart des guêpes adoptent des robes de ces couleurs.

Une punaise apparemment sans ailes

La passivité des punaises arlequins permet de les observer de près à loisir. Elles ne volent pas, ou du moins depuis 45 ans que je les croise dans la nature je n’en ai jamais vu voler. Et leur abdomen ne montre pas le bout membraneux des ailes supérieures repliées, caractéristique des punaises. Elles seraient donc aptères.

Punaise arlequin Punaise verte VA

L’extrémité membraneuse des ailes supérieures est bien visible chez la punaise verte et absente chez la punaise arlequin

Mais j’ai croisé un jour un individu dont la métamorphose, pour une raison inconnue, s’est mal passée. Il n’a pas pu ranger correctement ses ailes, et elles ont séché dans cette mauvaise position empêchant désormais tout repliement. Les ailes supérieures durcies à la base et membraneuses à l’extrémité, appelées hémiélytres et caractéristiques des punaises, étaient bien visibles.Individu aberrant ayant retrouvé les ailes ancestrales par mutation, ou simple accident révélant des organes habituellement cachés ?

Punaise arlequin Ailes sorties VA

Des ailes plus encombrantes qu’utiles

La faute à l’écusson

En fait, la punaise arlequin possède bien des ailes. Mais elles sont dissimulées par une extension du segment central du thorax, appelée scutellum par les spécialistes, c’est à dire écusson en français. Cet écusson, beaucoup moins développé chez la plupart des autres punaises comme vous pouvez le voir sur la photo de la punaise verte, couvre pratiquement tout l’abdomen de la punaise arlequin. D’où l’impression que l’espèce est aptère.

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L’écusson n’arrivant pas jusqu’au bord de l’abdomen laisse voir une petite partie des ailes supérieures

Mais un examen attentif permet de voir les ailes supérieures débordant sur les côtés de l’écusson. Une nervure caractéristique est bien apparente.

 

 

Fiches d’identités : Punaise arlequin (Graphosoma italicum) et Punaise verte (Palomena prasina) , Pentatomidés, Hémiptères.

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