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En janvier 1990, j’ai participé à un chantier communal pour planter des haies le long des routes de mon village. Aujourd’hui, 26 ans plus tard, ces haies ont atteint leur taille adulte et remplissent parfaitement leur rôle de brise-vent, moins bien celui d’abri pour la faune.

 

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Une des haies plantées en 1990 à l’entrée du village

Une haie à moitié champêtre

Pour planter ces haies, la commune avait bénéficié à l’époque d’une aide en nature du Conseil général. Les pépinières départementales avaient fourni gratuitement les plants dans la tradition horticole dominante. A côté d’espèces spontanées dans les haies de la région, comme le noisetier, la viorne lantane, le merisier ou le cornouiller sanguin, nous avons hérité de plants d’espèces exotiques originaires d’Amérique, de Chine et autres endroits bien éloigné de la Charente maritime.

La haie, si elle attire de nombreux oiseaux qui viennent y chercher un abri, un endroit pour nicher ou des baies et des insectes pour se nourrir, est moins attractive qu’elle aurait pu être. En effet, les arbres et arbustes exotiques ne nourrissent pas, ou très peu, d’insectes végétariens, contrairement aux espèces spontanées dans la région. Mais le principal problème est ailleurs.

 

Plastique, quand tu nous tiens !

L’un des principaux problèmes pour un jeune plant dans l’année qui suit sa mise en terre est la compétition pour l’eau avec les plantes herbacées adventices qui se développent à son pied. Cette compétition peut s’étendre à la lumière pour les plants les plus petits.

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26 ans après sa pose, le film plastique apparait encore à la base des troncs.

Pour supprimer cette compétition sans avoir besoin de recourir à l’arrachage ou au binage de ces adventices, la plantation sur film plastique noir est couramment utilisée. L’évaporation de l’eau est supprimée, la terre se réchauffe plus vite au printemps et les plantes annuelles ou bisannuelles ne peuvent germer et se développer. Gain sur tout les tableaux : pas d’entretien ou presque, sinon quelques arrosages la première année si le temps est trop sec. C’est la solution adoptée à l’époque pour planter les haies du village.

 

Un mauvais choix à long terme

26 ans après la plantation, le film plastique est toujours visible au pied de la plupart des troncs. Il ne s’oppose pas à la croissance des arbres et des arbustes, se déchirant sous la pression. La plus grande partie de sa surface est désormais invisible, recouverte par les feuilles mortes et autres débris qui forment une litière. Mais il demeure intact à quelques centimètres de profondeur. Il suffit de gratter avec la main pour le dégager.

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Sous une mince couche de litière décomposée, le film forme une barrière étanche avec le sol profond.

Protégé des rayons ultraviolets, ce plastique ne montre aucun signe de dégradation. Il oppose une barrière étanche entre la litière superficielle et les couches profondes du sol. De nombreux invertébrés recycleurs de la matière organique morte, comme la plupart des vers de terre, ne peuvent effectuer correctement leur tache. Les espèces ayant besoin de s’enfouir pour passer l’hiver ne peuvent atteindre la zone à l’abri des fortes gelées. Et cette situation risque de perdurer encore longtemps, vu le bon état du plastique.

 

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