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A l’occasion d’un séjour dans le Gard, je suis parti à la rencontre d’une colonie sauvage d’abeilles mellifères logée dans le tronc creux d’un vieux peuplier.

L’arbre creux, paradis des abeilles mellifères

En août dernier, lors d’un passage au monastère de Solan situé près de Cavillargues au nord de Nîmes, j’ai rendu visite à une colonie d’abeilles mellifères sauvages. Elle est installée depuis plusieurs années à la base du tronc creux d’un grand peuplier noir perdu dans un bois humide au fond de la vallée d’un petit ruisseau. Le trou d’accès s’ouvre au ras du sol, situation plutôt rare pour les abeilles mellifères sauvages qui préfèrent des entrées en hauteur. Mais elles prennent ce qu’elles trouvent.

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Le tronc creux de peuplier de Solan (30) et son ouverture à la base

En devisant sur ces abeilles sauvages avec d’autres personnes présentes au monastère, l’une d’entre elles m’a informé qu’elle connaît un autre essaim sauvage logé dans les mêmes conditions dans sa propriété située à quelques kilomètres de là. Rendez-vous est pris pour aller le voir au printemps suivant.

L’eau, indispensable aux abeilles

Mardi dernier, par un beau temps ensoleillé un peu rafraîchi par le mistral, me voilà parti avec deux amis à la recherche des abeilles. Les propriétaires des lieux sont absents mais nous ont laissé des indications précises. Le vieux peuplier pousse sur une levée de terre qui borde un grand fossé alimentant autrefois la roue d’un moulin. Malgré le mistral, les abeilles entrent et sortent en nombre et le tronc occupé est facile à repérer.

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La base du peuplier creux de Tresques (30) au bord du fossé

L’eau est indispensable aux abeilles mellifères, pour diluer le miel contenu dans les alvéoles et surtout pour réguler la température du nid en été. Si la température s’élève trop au cœur du couvain, idéalement elle ne doit pas dépasser 36°, les butineuses apportent de l’eau et les nourrices ventilent pour produire du froid par évaporation. La proximité d’un point d’eau permanent est donc très importante pour elles en région méditerranéenne aux étés torrides et secs.

Entrée de pollen, c’est bon signe

Quelques minutes d’observation nous permettent de conclure à une colonie en bonne santé, forte, active et en plein élevage des larves. Le va-et-vient est constant à l’entrée et de nombreuses butineuses reviennent chargées de boulettes de pollen aux pattes arrière.

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Zoom sur l’entrée du tronc creux de Tresques avec une butineuse chargée de pollen à l’approche

Le pollen est l’aliment principal des larves, fournissant les protéines indispensables à leur croissance rapide. Quand les butineuses le rapportent au nid, cela signifie que l’élevage des larves bat son plein. La reine est donc vivante et peut assurer la ponte. Les dangers de l’hiver sont passés, la colonie aborde la nouvelle saison dans de bonnes conditions.

Si les abeilles entrant dans le tronc n’avaient pas apporté de pollen, le diagnostic aurait été beaucoup moins favorable. Pas de pollen, pas d’élevage de larves. Donc au mieux une colonie orpheline ayant perdu sa reine durant l’hiver et condamnée à la disparition. Au pire, une colonie morte ou moribonde, victime du pillage de ses réserves par des butineuses venues des colonies voisines.

 

 

Fiche d’identité : Abeille mellifère (Apis mellifera), Hyménoptère Apidé

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