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Il y a tout juste un an, dans l’un des premiers articles de ce blog, je vantais le tircis comme excellent indicateur de l’arrivée du printemps. Il a suffit d’un automne et d’un début d’hiver atypiques pour démentir cette affirmation péremptoire.

Une sortie très précoce

Après un mois de novembre et de décembre doux et secs, le mois de janvier a été très arrosé et plus froid. Mais le thermomètre n’est guère descendu au-dessous de zéro, et quelques matins seulement. Puis début février quelques jours de beau temps ensoleillé ont pu faire croire à l’arrivée du printemps.

Un tircis s’y est trompé, et est sorti très précocement : je l’ai vu voler le 5 février, pour une émergence à la mi-mars en année normale. Au vu de la fraicheur des ailes et des couleurs, il s’agissait bien d’un adulte de la nouvelle génération, et non d’un survivant de la génération automnale. D’après ma théorie du tircis messager fiable du printemps, l’hiver aurait dû être fini.

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Tircis se chauffant au soleil le 5 février 2016 (Annepont, 17)

Un printemps pas si précoce que cela

Malheureusement les trois dernières semaines de février et les deux premières de mars ont été très pluvieuses et venteuses. Le froid n’a pas été très vif, mais il a été beaucoup plus sensible que les semaines précédentes. Et mon tircis annonciateur du printemps est resté isolé .

Une autre espèce me sert de baromètre pour juger de l’arrivée du printemps : l’osmie cornue. Je guette la sortie des premiers mâles des nichoirs posés sur les fenêtres de la maison. Les dates extrêmes que j’ai relevées depuis 25 ans ont été le 14 février 2003 et le 14 mars 2006. Les sorties en année normale s’effectuent dans les derniers jours de février ou les tous premiers de mars. Cette année, j’ai vu le premier mâle le 9 mars. Année plutôt tardive donc, le mauvais temps de février et mars ayant plus que contrebalancé la douceur de novembre et décembre.

Tircis Osmie sur nichoir VA

Une osmie cornue sur un nichoir accroché dans l’embrasure de la fenêtre.

 

Une année déboussolante

J’ai vu aujourd’hui 13 mars le second tircis de l’année. Je pense que les autres vont suivre, et qu’il s’agit de la bonne date d’émergence de l’espèce pour cette année 2016. L’individu du 5 février semble avoir été trop sensible aux signes de redoux de cette semaine-là, et il a dû s’ennuyer tout seul en attendant l’apparition d’autres congénères, s’il a réussi à survivre. Mais il n’est pas le seul à avoir été déboussolé par cette météo inhabituelle. Ce même 5 février fleurissaient dans le jardin les perce-neige à leur date normale, et les jonquilles avec près d’un mois et demi d’avance.

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Les jonquilles en pleine floraison dans la pelouse le 5 février 2016 (Annepont, 17)

La morale de cette histoire ? Contrairement à mon opinion de l’an passé, l’apparition du premier tircis n’est pas un indicateur fiable de l’arrivée du printemps. La morale de cette morale ? Les osmies sont apparues à une date normale, elles ne semblent pas avoir été troublées par la météo anormalement douce de la fin de l’automne et du début de l’hiver. Les jonquilles sont apparues avec un mois et demi d’avance, se trompant sur l’arrivée effective du printemps. Quelques tircis ont également été trompés, alors que la majorité a sagement attendu la mi-mars pour sortir. Il semble donc que le signal qui a déclenché la sortie trop précoce des jonquilles ait été aussi perçu par quelques tircis, la plupart se fiant comme les osmies à un autre signal plus fiable de l’arrivée effective du printemps.

 

Fiches d’identité : Tircis (Parage aegeria), Lépidoptère Nymphalidé ; Osmie cornue (Osmia cornuta), Hyménoptère Apidé ; Jonquille (Narcissus pseudonarcissus), Asparagale Liliacée.

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