Étiquettes

, , , ,

Comportement inhabituel, la chienne s’intéresse avec insistance au gros massif de millepertuis des parkings. Cette plante horticole est une excellente couvre-sol qui prospère dans un coin du jardin. La chienne gratte dans les feuilles mortes qui s’y sont accumulées, soufflant bruyamment. J’ai beau la rappeler, elle y retourne sans cesse, l’endroit l’attirant comme un aimant. Un coup d’œil s’impose.

Une grosse boule de feuilles de chêne

Le massif de millepertuis est jonché de nombreuses feuilles de chêne tombées d’un vieil arbre dont une grosse branche le surplombe. La couche atteint par endroit plusieurs centimètres d’épaisseur. Mais là où la chienne renifle, la couche fait une grosse bosse. Un rapide nettoyage à la main me permet de dégager une boule de feuilles très dense qui semblent rangées et non réparties au hasard.

 

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

La boule de feuilles qui intéresse tant la chienne

En fait, les feuilles sont plaquées les unes sur les autres et intercalées comme les tuiles d’un toit. Pas de doute, il s’agit d’un nid d’hivernage de hérisson. Avec l’hiver exceptionnellement doux que nous connaissons, son occupant doit sortir régulièrement la nuit et la chienne a trouvé le nid en suivant sa piste.

 

Une chambre douillette

Le hérisson est très bien protégé de ses ennemis par ses piquants. C’est pourquoi il est si facile à voir le soir ou la nuit. Très bruyant, il ne prend aucune précaution pour se dissimuler. Il ne fuit même pas. Inquiété, il se roule en boule pour opposer ses piquants à la truffe où à la main inquisitrices. Ce qui lui coûte la vie quand il traverse la route et que l’ennemi est une voiture.

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

Quelques piquants visibles sous l’épaisse couche de feuilles, le nid est occupé.

Mais cette arme remarquable est formée de poils modifiés. Donc le hérisson ne possède plus sur le dos de fourrure capable de le protéger du froid. Pour passer l’hiver dans les meilleures conditions possibles, il se construit un ou plusieurs nids d’hivernage à l’aide de feuilles de chêne. Pourquoi de chêne ? Coriaces, elles résistent bien à la pourriture et la pluie glisse dessus sans les imbiber. Quand le nid est bien fait, les différentes couches alternées protègent la chambre centrale de la pluie, mais aussi du froid grâce à l’air emprisonné entre les feuilles. Le hérisson peut dormir au sec et au chaud.

 

Du grillage pour garantir la tranquillité du locataire

Maintenant que le nid est repéré par la chienne, elle va sans cesse y revenir. Au mieux, le hérisson l’abandonnera pour en occuper un autre mieux dissimulé. Les hérissons, été comme hiver, aiment bien en effet avoir le choix et aménagent souvent plusieurs nids. Au pire, s’il n’a qu’un seul nid, il sera obligé d’en construire un nouveau ailleurs, avec des matériaux de moins bonne qualité que ceux de l’automne. Le risque est réel qu’il souffre si une vague de froid arrive.

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

Le hérisson dedans, et la chienne dehors

Une barrière anti-chienne est alors improvisée. Le nid est recouvert avec quelques brassées de feuilles de chêne, pour mieux le dissimuler et pour que le hérisson puisse réparer ou améliorer son nid s’il le juge nécessaire. Un morceau de grillage est déroulé autour du massif et fixé avec quelques piquets. La chienne ne le franchira pas, mais le hérisson pourra facilement se glisser dessous, ou l’escalader. C’est un excellent grimpeur, capable de passer par-dessus un mur de 2 m de hauteur s’il présente des aspérités permettant à ses pattes griffues puissent s’y accrocher.

 

 

Fiche d’identité : Hérisson d’Europe (Erinaceus europaeus), Mammifère, Insectivore

Advertisements