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Dans un article du mois de mai, je m’inquiétais de la raréfaction spectaculaire du paon de jour autour de chez moi. Cette année s’est avérée moins mauvaise que 2014 pour sa reproduction. J’ai observé 7 pontes dans les orties le long des deux kilomètres de chemin dans les marais qui me sert d’itinéraire de référence, contre une seule seulement en 2014.

Un léger mieux

Une hausse de 700% pourrait apparaître comme une excellente progression. Malheureusement je n’oublie pas que la chute avait été brutale. En 2013 encore, les pontes étaient si nombreuses le long de ce chemin à la fin de l’été que je n’ai jamais pensé à les compter. Par endroit, l’impact des chenilles sur le feuillage des orties était très visible. Des touffes entières ne montraient presque plus aucune feuille intacte sur les tiges. Des chenilles erraient parfois sur le chemin, à la recherche d’une touffe encore épargnée pour terminer leur développement.

Orties défeuillées en 2013, quelques chenilles de paon de jour sont encore visibles.

Orties défeuillées en 2013, quelques chenilles de paon de jour sont encore visibles.

Fluctuation cyclique ?

Le recul constant de la biodiversité dans mon coin de campagne ne m’incite pas à l’optimisme. Mais peut-être n’est-ce qu’une fluctuation cyclique ? C’est un schéma classique que de voir une pullulation de chenilles suivie de plusieurs années de populations très basses. Prédation, parasitisme, maladies favorisés par l’abondance de la ressource et la promiscuité peuvent faire s’effondrer les populations.

Une seule chose est sûre, les chenilles de paon de jour ne manquent pas de ressources alimentaires. Les orties sont toujours aussi nombreuses, favorisées par les nitrates épandus dans les champs.

Chenilles de divers stades  photographiées cette année.

Chenilles de divers stades photographiées cette année.

Des polistes voraces

Cette année, j’ai pu observer l’impact important d’un prédateur sur les chenilles de paon de jour. Le poliste gaulois est une guêpe sociale qui construit un unique rayon de papier accroché à un support, pierre, dessous d’une tuile, etc. Comme toutes les guêpes, ses larves sont carnivores et il les nourrit d’insectes divers et notamment de chenilles.

J’ai été témoin de la destruction quasi totale d’une petite population de chenilles de paon de jour en quelques jours seulement. Les polistes logés à quelques mètres, sous la tôle ondulée couvrant un abri à bétail dans un pré, les tuaient puis les dépeçaient sur place pour emporter une boulette de chair arrachée et malaxée avec leurs mandibules. Mais peut-être devrais-je employer le singulier, car je n’ai vu qu’une guêpe à la fois. Etait-ce toujours le même individu ? Je n’ai pas eu l’occasion de le vérifier.

Poliste attaquant une chenille

Poliste attaquant une chenille

Chaque jour, chaque heure même, les dépouilles étaient un peu plus nombreuses. En quatre ou cinq jours la population était exterminée, sans que les chenilles ne semblent manifester la moindre volonté de fuir. Ce n’est que sous la morsure de la guêpe qu’elles tentaient de se soustraire au danger, mais il était bien trop tard.

Dépouilles de chenilles sur un pied d'ortie largement défeuillé

Dépouilles de chenilles sur un pied d’ortie largement défeuillé

Cartes d’identité : Paon de jour (Inachis io), Nymphalidés, Lépidoptères et Poliste gaulois (Polistes dominulus), Vespidés, Hyménoptères.

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