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Hier, un orage bienvenu après six semaines presque sans pluie a rafraîchi l’atmosphère. Les jeunes crapauds profitent de l’humidité du sol et de la végétation pour quitter le marais et se diriger vers les terres alentour. Moment idéal pour voir si la prédation importante rapportée en mars dans l’article « Les amours désespérées du crapaud » a eu un impact significatif sur l’espèce.

Un crapaud miniature, seul un vague résidu de queue rappelle le têtard.

Un crapaud miniature, seul un vague résidu de queue rappelle le têtard.

Le danger du chemin blanc

Les crapelets qui cheminent dans la végétation sont très difficiles à détecter. Mais le marais est ceinturé par un chemin de pierres calcaires concassées. Ils doivent traverser cette zone découverte pour accéder au talus grimpant sur le plateau. Cette traversée sans la protection du couvert est un moment dangereux.

Un crapelet court sur le chemin blanc.

Un crapelet court sur le chemin blanc.

Il y a 25 ans, des milliers d’individus pouvaient grouiller sur mon parcours de promenade de 2 km environ. Je devais faire attention à ne pas les écraser en marchant. Qu’une voiture ou un tracteur passe, et c’était l’hécatombe. Aujourd’hui, je n’ai pas vu plus de 20 crapelets, soit un tous les 100 m seulement. La probabilité d’être écrasé devient minime ! Mais c’est un nombre stable par rapport à mes relevés de ces dernières années. La prédation de la fin de l’hiver n’a pas eu d’effet visible sur la reproduction : la majorité des pontes devait avoir eu lieu.

Des têtards grégaires

L’observation des têtards en avril m’avait déjà rassuré. Dans leur jeune âge, ils se tiennent groupés autour du lieu de ponte. Au fil du temps, ils se dispersent peu à peu et les différentes pontes se mélangent. Au fur et à mesure que les têtards grossissent, leurs rangs s’éclaircissent, victimes de prédateurs et de la dérive du courant, très fort quand les écluses sont ouvertes pour drainer les champs avant les semis.

Têtards de crapaud commun au bord du ruisseau.

Têtards de crapaud commun au bord du ruisseau.


Les têtards sont des milliers, puis des centaines. Au cœur de l’été, les crapelets ne sont plus que quelques dizaines. Et le chemin est encore long pour trouver un territoire où s’installer. La relève n’est plus assurée que partiellement. Heureusement que la durée de vie des crapauds est assez longue, de l’ordre d’une dizaine d’années.

Locataire du paillage

Je m’inquiétais pour le crapaud ayant élu domicile dans mon jardin, qui surplombe le marais. Faisait-il partie des victimes du mustélidé ? Fin mai, en plantant les courgettes, je l’ai revu bien blotti sous l’épais paillage de la planche. Crépusculaire et nocturne, il recherche les endroits humides pour passer la journée bien confortablement à l’abri du soleil.

Mon beau crapaud, roi du paillage.

Mon beau crapaud, roi du paillage.

Paillage et BRF lui plaisent particulièrement, mais je le trouve aussi épisodiquement sous les planches et les tuiles mises par endroit à son intention, si le temps n’est pas trop sec. Parfois, il se réfugie dans une galerie de taupe ou de petit rongeur. Pour le voir arpenter le jardin, je dois venir la nuit avec une lampe de poche. Exceptionnellement, il peut déambuler une après-midi couverte et humide. Sa peau pustuleuse le protège aussi bien des chats que du chien, qui ne l’ont jamais attaqué. Malheureusement elle ne le protège pas des autres dangers qui ont fait tant régresser ses populations depuis un quart de siècle.

Fiche d’identité : Crapaud commun (Bufo bufo), Amphibien anoure Bufonidé

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