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Hier, coup de fil d’un ami. Une dame, alertée par un bourdonnement inhabituel alors qu’elle travaillait dans son jardin, découvre avec surprise qu’un essaim d’abeilles s’est installé entre les volets fermés et la fenêtre d’une chambre inoccupée.

La personne, un peu angoissée par la présence de ces locataires inattendues, ne souhaite par leur destruction, mais leur déménagement. Le matériel de base (voile, gants, enfumoir, lève-cadre, balayette et bien sur un nichoir à abeilles mellifères) est chargé dans la voiture et en route pour une intervention.

Les abeilles pénètrent par la fente entre les deux volets disjoints.

Les abeilles pénètrent par la fente entre les deux volets disjoints.

Un abri presque parfait

L’espace entre des volets fermés et une fenêtre répond souvent aux critères des abeilles à miel à la recherche d’un logement : volume de quelques dizaines de litres, situation en hauteur, accès réduit à de simples fentes faciles à défendre.

La chambre étant inoccupée n’a pas été visitée depuis plusieurs semaines, et la colonie est bien installée. Elle a déjà construit plusieurs grands rayons remplis de couvain, de pollen et de miel non encore operculé. Le transfert dans le nichoir va donc s’avérer une expulsion pure et simple, avec malheureusement destruction des rayons et de leur contenu.

Les rayons couverts d'abeilles vus de la chambre.

Les rayons couverts d’abeilles vus de la chambre.

Quelques précautions indispensables

Si un essaim non encore installé est très doux, les abeilles ne piquant pas (ou peu, il y a parfois des exceptions !), s’attaquer à une colonie installée va immanquablement déclencher leur agressivité. Le lit de la chambre est protégé par un vieux drap. Je bouche l’espace entre la porte et le sol avec du papier essuie-tout pour éviter toute infiltration des abeilles dans le reste de la maison. J’ouvre en grand la seconde fenêtre de la chambre pour laisser les abeilles circuler librement.

Opération délicate

Voile et gants enfilés, enfumoir allumé, nichoir plancher dévissé et lève-cadre à portée de main, j’ouvre la fenêtre et les volets. La colonie bruisse, de nombreuses abeilles s’envolent et tournoient dans la chambre et devant la façade. Les rayons sont décollés un à un à l’aide du lève-cadre, puis brossés au dessus du nichoir.

Je procède morceau par morceau, car la température étant élevée la cire est molle et les rayons chargés de couvain ou de miel se cassent facilement. La reine pourrait être blessée ou écrasée à cette occasion, accident à éviter absolument. Mon système de nichoir ne permettant pas d’introduire du couvain (détail à améliorer dans le futur), la colonie serait perdue.

Retour à la normale

Tous les cadres ayant été démontés et brossés dans le nichoir, je boulonne son plancher, je le retourne et je le pose sur l’appui de fenêtre à l’endroit où se trouvaient les rayons. La première phase est terminée, les abeilles toujours virevoltantes sont laissées à elles-mêmes dans la chambre soigneusement calfeutrée.

Un contrôle par la façade montre que le nichoir semble bien accepté : les abeilles se concentrent sur l’avant et s’engouffrent par la fente d’entrée.

Le nichoir laissé en place pour que les abeilles dispersées puissent le regagner. Les restes des rayons enlevés sont bien visibles sous le linteau.

Le nichoir laissé en place pour que les abeilles dispersées puissent le regagner. Les restes des rayons enlevés sont bien visibles sous le linteau.

Déménagement nocturne

Le soir même après le coucher du soleil, je reviens chercher le nichoir. Il ne reste que quelques abeilles égarées sur la façade ou dans la chambre. Je bouche la fente d’entrée avec une grille et la colonie est déplacée dans un village voisin, installée en hauteur sur le mur du garage d’un couple d’amis amoureux des abeilles.

Le nichoir en place le lendemain matin. Les petits points noirs sont des butineuses  voletant pour prendre leurs repères avant de partir pour la première fois au ravitaillement (voyez l'article du 22 mars).

Le nichoir en place le lendemain matin. Les petits points noirs sont des butineuses voletant pour prendre leurs repères avant de partir pour la première fois au ravitaillement (voyez l’article du 22 mars).

Ce matin, la colonie est très active. Les butineuses partent nombreuses au travail. Il y a fort à parier que durant la nuit les cirières ont travaillé et qu’un embryon de rayon a été construit, dans lequel la reine a pu pondre. Car ces braves abeilles ont un défi de taille à relever dans les mois qui viennent : construire assez de rayons, élever assez de larves et stocker assez de provisions pour pouvoir passer l’hiver prochain sans problème. Alors pas une minute à perdre.

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